TEXTES BETWEEN

BETWEEN

Le Jeudi 3 Septembre au soir, sur la terrasse de la maison de Ghilloni, nous étions six.

Clo, Gabriel, Lesley, Georges, Helen, Jean-Lou.

Nous mangions des crudités et le maquis et la mer dans nos rires montaient lentement aux margelles de nos assiettes.

Lesley, anglaise, parlait de choses volubiles à son compagnon Georges.

Dans la nuit assise un mot se détacha. "Between"

Avec ses yeux de moineau halluciné par les cerises, Gabriel goba comme un gecko cette miette de musique, tiède, vertigineuse de sens, un mot d'ailleurs, l'entre, la teneur du lien, sa solidité, le christal de sa fragilité.

Alors comme la nuit était amarrée définitivement à la terrasse nous avons décliné "between" dans tous les chemins d'heureuses errances de notre amour pour tous les sentiers qui relient les images. Nous venions de retrouver le Rimmel perdu pour que nos yeux restent sages devant toutes choses humaines. Les frontières migraineuses de "no man land", les margelles, les rides du ciel tombé. L'entre. L'antre. Between.

Beethoven sourd la bite au vent. To be in the Wind.

Et puis le sommeil a pris le pas. La voiture rouge de Gabriel par la pente est partie dans un silence de pneus noires.

Clo , photographe, devait se demander comment fixer dans l'alchimie des révélateurs de son laboratoire, le "Between".

La nuit avait très doucement tirée les volets bleus de la chambre.

Gabriel téléphona pour dire que sur la route du retour il avait betweené un animal inconnu.

L'aube violine désenclave les paupières transparentes.

Mes vêtements de la veille ne me vont plus.

Je suis nu. Libre. Entre la mer blanche et la rousseur du feu.

 

Je suis BETWEEN

 

 

Ghilloni le 4 Septembre 1998

Jl Vincensini


La suite plus tard qu'en j'aurais le temps !

un poème spontané de ce soir ici aussi

mais vous pouvez aller voir la c'est vachement bien aussi!

un poème spontané

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